samedi 4 juillet 2009

Un lieu de travail transformé en zone de combat ethnique: 2 Ouïghours tués




Une discrimination raciale à peine déguisée


Situation économique oblige, de plus en plus de Ouïghours s’exilent vers l’est à la recherche d’emplois. Du Xingjiang, des agences organisent même le transport de travailleurs vers le Guangdong, là ou se trouve les usines du monde. Cette population migrante est souvent stigmatisée et considérée comme une nuisance. On les traite de violeurs et de voleurs. Cette vidéo trouvée sur youtube en est un bon exemple.





Comme vous le remarquerez vous-mêmes, plusieurs simples photos de Ouïghours sont juxtaposées à d’autres ou l’on voient des voleurs (pick-pocket) à l’œuvre. Comme discrimination gratuite et de haine par association, il est difficile de trouver mieux…

lundi 22 juin 2009

Yu Dan: Le confucianisme à la portée de tous



En Chine, une nouvelle étoile est née, et ce n’est pas une star du hip hop ou une nouvelle télésérie réalité qui se retrouve au sommet de tous les palmarès. Non, c’est Yu Dan, professeur de média à l’université normale de Pékin. Son succès? Parler de Confucius de façon simple et claire, en l’actualisant et en l’adaptant à la vie chinoise moderne. Au rythme d’une heure par jour, ses sept conférences télévisées attirèrent un auditoire si nombreux qu’on décida d’en faire un livre, qui brisa tous les records de vente. Mais alors qu’à une époque encore pas si lointaine, parler en bien de Confucius représentait un geste politiquement risqué, comment expliquer ce soudain revirement dans l’empire du milieu? Comment expliquer cette redécouverte si passionnée?

En écoutant la conférence de Yu Dan, on comprend vite que ce n’est pas vraiment de philosophie classique dont il est question, mais bien d’une allocution qui s’appuie sur Confucius pour vendre des idées presque « nouvel âge » sur l’art de vivre, le bien-être personnel, l’amour et la tolérance. Alors qu’au cours des dernières années, bon nombre de Chinois ont littéralement mis leur vie de côté au profit d’une course au succès matériel effrénée, Yu Dan trouve tout naturellement plusieurs oreilles attentives. Confucius est utilisé comme médium, et non comme objet, et ce qui ne correspond pas à la vision de Yu Dan des relations interpersonnelles, de la connaissance de soi et de la poursuite du bonheur est tout simplement mis à l’écart. Bien que Confucius soit omniprésent dans son discours, il semblerait que c’est plus la fonction « chicken soup for the soul » qui explique la démesure de son succès. Et comme la vaste majorité des Chinois n’ont jamais lu Confucius, plusieurs n’y ont vu que du feu.

mardi 16 juin 2009

Veille d’information en études chinoises



Il suffit de feuilleter le Wall Street Journal, le Financial Times, n’importe quel journal d’affaires pour le constater : la crise économique qui secoue la planète ne fait qu’accélérer la montée de la Chine. Nous apprenons aujourd’hui, par exemple, que la China va accorder un crédit de 10 milliards de dollars US à l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui regroupe la Russie, la Chine et des pays d'Asie centrale, pour faire face aux conséquences de la crise. L’expansion du pouvoir et de l’influence de la Chine est accompagnée, tout le monde le sait, par une révolution en matière d’informations et de communications—une révolution, d’ailleurs, où la Chine joue, quelle surprise, un rôle majeur.

Que faire pour se tenir au courant de ce qui se passe en Chine? Pour relever ce défi, le blogue est fier de vous recommander un nouvel outil, mis au point par Pascale Coulette, bibliothécaire au Centre d’études de l’Asie de l’Est de l’Université de Montréal. Intitulé « Veille d’information en études chinoises, » l’outil est construit sur la plate-forme « Netvibes », un aggrégateur d’informations à la fois puissant et facile à utiliser; il fournit de multiples fils d’information sur l’actualité chinoise. Sur la page d’accueil se trouvent des explications sur le fonctionnement du Netvibes et sur les fils RSS pour les néophytes. Viennent ensuite:

« Quoi de neuf dans les revues » où sont regroupées des revues académiques sur la Chine, en français et en anglais;

« Quoi de neuf dans la presse » qui suit l’actualité chinoise à travers les fils d’information en français, anglais et chinois;

« Quoi de neuf sur les blogues » où sont répertoriés les blogues les plus importants sur la Chine en français, anglais et chinois;

« Bases de données et RSS » qui permet à l’usager d’être tenu au courant des toutes dernières publications sur un sujet de recherche, en créant des alertes en format RSS dans certaines bases de données bibliographiques;

« Partage de signets », qui s’adresse aux sinologues désirant partager leurs intérêts et leurs recherches sur la Chine par l’entremise d’outils de réseautage;

« Veille sino-doc », qui s’adresse aux férus de bibliothéconomie chinoise.

Et ce n’est pas tout. « Veille d’information en études chinoises », aussi impressionnante qu’elle le soit déjà, n’est pas un outil rigide, mais une plate-forme souple, une invitation pour l’usager à créer son propre outil de recherche, adapté à ses besoins, tout en s’inspirant de ce que Pascale Coulette lui a déjà fourni. Il suffit d’ouvrir son propre compte sur Netvibes et de prendre comme base le « gabarit » fourni par le site http://netvibes.com/sinologie. Rien de plus simple.

David Ownby, à Montréal

jeudi 11 juin 2009

Alerte sur nez coulants: autopsie d'une pandémie annoncée


La nouvelle vient de tomber!
Douze nouveaux cas de grippe H1N1 ont été découverts au très élitiste St-Paul's Convent de l'île d'Hong Kong cette semaine. Premières victimes indigènes de la maladie--- aucun des malades n'a quitté Hong Kong dans les dernières semaines, elles s'ajoutent à la cinquantaine de cas déjà répertoriés sur le territoire. Click here for English.

Aujourd’hui, 11 juin 2009, l'Organisation mondiale de la Santé a élevé à 6 le niveau de gravité de la pandémie. Puis, en début d’après-midi, les autorités hongkongaises ont annoncé par voie de communiqué la fermeture en masse de toutes les institutions scolaires primaires de l’archipel. Ce sont plus de 500 000 élèves qui sont touchées par cette mesure. On peut lire un article très complet à ce sujet ici

Pour les 2 prochaines semaines, les salles de cinéma d’Hong Kong seront bondées du lundi au vendredi. Les patinoires, autrement vides en semaine, seront envahies par de petits patineurs débutants. Les plages de la ville deviendront bruyantes.

Pour les 2 prochaines semaines, des dizaines de milliers d’écoliers de toutes les écoles primaires d’Hong Kong seront privés d’école (sic). Action, réaction!

Qu’en disent les parents de la ville? Imaginez, tous les jeunes de moins de 12 ans à la maison deux semaines avant le début des vacances! Quoi faire? Qui va s’en occuper? De pareilles interrogations causeraient une commotion générale chez les parents québécois.

Certes, la situation d’Hong Kong est assez différente. Plus de 10% des familles ont une bonne à la maison. Mais pour les autres? Comment s’organiser avec si peu de préavis? N’était-ce une mesure exagérée qui ne tient pas compte de la situation des parents-travailleurs?


Hong Kong : vivre dans une boîte de sardines

C’est que depuis la crise du SARS de 2004, Hong Kong ne lésine pas en matière de mesures sanitaires. L'archipel qui compte en moyenne 6000 habitants par kilomètre carrée est un lieu de promiscuité incomparable. Un paradis pour virus.

Le port du masque est obligatoire dans la majorité des hôpitaux et les cliniques d’Hong Kong. Les distributrices de désinfectant liquide abondent dans tous les lieux publics et les quartiers résidentiels. Les boutons d'ascenseurs sont stérilisés plusieurs fois par jour. Les frontières du pays sont surveillées par une équipe d'infirmières. La température corporelle des nouveaux visiteurs est scrutée.

Avoir une mauvaise toux à Hong Kong, c'est un suicide social. On sent les reproches des passants. Une vieille dame m'a même déjà forcé à mettre un masque en me grondant comme un enfant en pleine rue.

C'est dans cet atmosphère un peu paranoïaque que s'inscrit les mesures gouvernementales récentes pour éviter la pandémie.


Lorsque le premier cas de grippe H1N1 fut découvert en avril 2009, le gouvernement n’a pas hésité à mettre en quarantaine un hôtel entier et son personnel pour une période d'une semaine. Les allées et venues du touriste mexicain pendant sa journée à Hong Kong furent scrutés par tous les tabloids de la ville. Au Metropark, le lobby s’est rapidement transformé en scène de télé réalité. De jeunes touristes enfermés réclamaient des discussions téléphoniques avec le public massé à l’extérieur. Vous pouvez les regarder en pleine action ici. Un vrai cirque. Le gouvernement d’Hong Kong avait d’ailleurs été longuement critiqué pour l’imposition de telles mesures considérées d'exagérées par plusieurs.

Puis, durant les mois d’avril et de mai, quelques jeunes étudiants d’Hong Kong rapportaient sur Facebook et sur Twitter leur mise en quarantaine dès leur retour de leur séjour d'étude. Une étampe du Canada ou des États-Unis n’avaient jamais été autant de mauvais augure.

Quand un virus devient le sujet d'un débat patriotique
À lire les blogues chinois ces dernières semaines, réagir avec efficacité à la grippe H1N1 est une question de fierté nationale. Tous les instruments technologiques sont d'ailleurs mis au profit d'une campagne d'information sur la grippe H1N1. Lire ici sur l'usage de Twitter et ici sur l'historique de la pandémie en Chine. Plusieurs Chinois en ont même appelé à leurs ressortissants étudiant ou travaillant en Amérique du Nord de ne pas retourner au pays pour l’été.

En ce sens, Hong Kong donne l’exemple et se sert des leçons apprises au plus haut de la crise du SARS. Du moins, la réaction est extrêmement rapide et tout risque est minimisé.

Comme parent, pourtant, il faudra endurer. 2 semaines, 2 semaines…
Valérie Nichols à Hong Kong (hélas)