Un texte de François Lachapelle
Depuis quelque temps, on assiste à un retour en force de la théorie du Péril jaune, principalement sous la forme de dragon économique et du dragon idéologique. Le 2 décembre dernier fut une journée faste. Le matin dans La Presse, Lysiane Gagnon dans son article "Les ravages de Wikileaks" met du piquant dans sa critique du Wikileaks en lançant : «On a presque envie de leur souhaiter, à ces esprits irresponsables, de vivre un jour dans un monde où l'unique super-puissance sera la Chine ou la Russie (...), et où les valeurs dominantes seront celles du totalitarisme.»
mercredi 5 janvier 2011
jeudi 15 juillet 2010
Apple et le développement du syndicalisme en Chine
Un texte d'Émilie-Anne Leroux
Cette semaine, j’ai le plaisir de pouvoir assister à une semaine au complet de conférences et d’analyses de spécialistes sur divers sujets différents par rapport à l’actualité chinoise : droit, économie, politique, environnement, syndicalisme, etc.
C’est justement de ce dernier sujet que je voudrais discuter en ce court texte. La présence grandissante et la puissance économique de la Chine sont indéniables, et nous Occidentaux ne savons pas trop comment s’y prendre. Entre autre, plusieurs « China Watchers » tiennent dur comme fer à l’idée que, tant que progressera le développement économique de la Chine, ainsi suivra la démocratie. J’ai toujours été un peu réticente à penser que cette suite allait de soi, mais je n’ai jamais vraiment eu autant de doutes que maintenant.
En fait, il semble y avoir une grande répugnance pour la politique en générale dans la société civile chinoise. Les jeunes chinois ne rêvent plus à la démocratie comme leurs prédécesseurs l’ont si ardemment fait en 1989 ; ils veulent être businessman ou économiste. C’est là où se trouve le futur, et, pour l’instant, c’est ce qui marche pour la Chine : la croissance économique. Mais ça, c’est tout un autre sujet de débat…
Cette semaine, j’ai le plaisir de pouvoir assister à une semaine au complet de conférences et d’analyses de spécialistes sur divers sujets différents par rapport à l’actualité chinoise : droit, économie, politique, environnement, syndicalisme, etc.
C’est justement de ce dernier sujet que je voudrais discuter en ce court texte. La présence grandissante et la puissance économique de la Chine sont indéniables, et nous Occidentaux ne savons pas trop comment s’y prendre. Entre autre, plusieurs « China Watchers » tiennent dur comme fer à l’idée que, tant que progressera le développement économique de la Chine, ainsi suivra la démocratie. J’ai toujours été un peu réticente à penser que cette suite allait de soi, mais je n’ai jamais vraiment eu autant de doutes que maintenant.
En fait, il semble y avoir une grande répugnance pour la politique en générale dans la société civile chinoise. Les jeunes chinois ne rêvent plus à la démocratie comme leurs prédécesseurs l’ont si ardemment fait en 1989 ; ils veulent être businessman ou économiste. C’est là où se trouve le futur, et, pour l’instant, c’est ce qui marche pour la Chine : la croissance économique. Mais ça, c’est tout un autre sujet de débat…
lundi 3 mai 2010
Sauvés par la pluie !
Un texte de Charles Hudon
Un désastre à la fois ! Comme si Dame Nature avait voulu donner un répit au gouvernement chinois après le récent tremblement de terre qui eut lieu dans la province du Qinghai, la pluie tomba finalement sur le grand Kunming. 23 avril, 20h30, en plein milieu d’un cours, le tonnerre se fait entendre. La quasi-totalité des étudiants se ruent à la fenêtre. Un orage! Et tout un! De mémoire, il n’avait pas plu depuis le mois de septembre. Déshabitué, je n’avais bien évidemment pas amené mon parapluie avec moi. Je rentrai au dortoir trempé, mais je m’interdis de me plaindre en pensant aux millions de Chinois qui manquaient jusqu’ici cruellement d’eau.
Serait-ce la fin du temps sec ? Nous l’espérons tous. Il faudra définitivement beaucoup d’eau pour abreuver un Yunnan où les précipitations, déjà normalement peu fréquentes en hiver, ont cette année presque complètement disparu. La pire sécheresse en plus de 100 ans. La situation était si anormale et désastreuse que la nouvelle fit vite le tour du globe. Un appel en provenance de mes parents, inquiets, me fit prendre connaissance de cette couverture médiatique.
Je les rassurai en leur disant que je n’avais pas été directement touché par ce débalancement climatique. Quelques inconvénients mineurs certes, mais contrairement à plusieurs autres villes et villages de la région, Kunming n’imposa pas de coupure en eau à ses résidents. Curieux, je leur retournai ensuite la question. Est-ce que vos vies ont été affectées par cette sécheresse? Ils ne prirent pas ma question au sérieux. Pourtant, je l’étais...
lundi 22 mars 2010
Les Chinois mangent du chien. Et du chat. Voilà.
Un texte d'Émilie-Anne Leroux
Parfois, aller dans un restaurant chinois avec des non-sinophiles me paraît difficile. Défendre la salubrité qu’ils remettent constamment en question ainsi que l’hygiène, l’âge minimal de leurs employés, la légalité de leurs ingrédients. J’trouve ça assez fatiguant de devoir répondre à leur « il va sûrement y avoir du chat dans ces saucisses! » Auparavant, je les rassurais en leur disant que non. Depuis le 26 janvier, je ne suis plus certaine quoi dire...
Ça a commencé par un petit article dans The Economist, duquel je suis une fidèle lectrice. Off the menu est le titre de l’article révélant ce qui est sûrement le plus intéressant pour les Cccidentaux des sujets abordés durant la session 10 de la plénière du PCC. Ma curiosité a été piquée, surtout ayant étudié le droit depuis un an.
Parfois, aller dans un restaurant chinois avec des non-sinophiles me paraît difficile. Défendre la salubrité qu’ils remettent constamment en question ainsi que l’hygiène, l’âge minimal de leurs employés, la légalité de leurs ingrédients. J’trouve ça assez fatiguant de devoir répondre à leur « il va sûrement y avoir du chat dans ces saucisses! » Auparavant, je les rassurais en leur disant que non. Depuis le 26 janvier, je ne suis plus certaine quoi dire...
Ça a commencé par un petit article dans The Economist, duquel je suis une fidèle lectrice. Off the menu est le titre de l’article révélant ce qui est sûrement le plus intéressant pour les Cccidentaux des sujets abordés durant la session 10 de la plénière du PCC. Ma curiosité a été piquée, surtout ayant étudié le droit depuis un an.
Que reste-t-il de la fraternité révolutionnaire en Chine?
Une analyse de Charles Hudon
Depuis leur abdication du pouvoir en mai dernier, les maoïstes népalais redoublent d’efforts dans le but de faire tomber le gouvernement. Leur stratégie : créer le chaos social par l’agitation et la violence. Plaçant généralement la stabilité régionale en tête de ses priorités, la Chine aurait raison de voir d’un mauvais œil ces événements. Les propos récemment tenus par Prachanda, leader du parti maoïste, laissent cependant penser le contraire. De retour d’un voyage de ressourcement dans le pays de Mao, il confiait aux médias que les tumultes causés par son parti profiteraient en fait de la bénédiction chinoise. La Chine s’étant officiellement retirée de la politique révolutionnaire depuis 1979, ces révélations nous amènent à nous questionner sur la nature des relations qui unissent aujourd’hui ces deux acteurs.
lundi 8 mars 2010
Quitter la Chine pour aller rejoindre les maoïstes…

Un texte de Charles Hudon
Le mois de février permet généralement à une majorité de Chinois de prendre des vacances. Les travailleurs profitent d’une semaine de congé pour célébrer le nouvel an, tandis que les étudiants se reposent pendant près de 5 semaines en attendant le début du semestre printanier. Il n’est donc pas difficile d’imaginer que le deuxième mois de l’année se transforme habituellement en période migratoire. Pour les étudiants étrangers, la situation est la même. Cette année, j’ai profité de mes vacances hivernales pour me rendre au Népal, pays où l’héritage intellectuel de Mao Zedong jouit d’une influence considérable, n’ayant d’égal dans aucune autre région du monde.
Les Maoïstes népalais ayant quitté le pouvoir il y à peine 10 mois, je m’attendais à voir des marques évidentes d’un Népal « sinisé ». À peine descendu de l’avion, je comprenais que les affinités idéologiques qui pouvaient potentiellement rapprocher le parti le plus important au sein de l’assemblée consultative népalaise et la Chine faisaient figure de poids plume face à tout ce que représente le géant indien pour le Népal. En effet, les liens culturels et historiques qui unissent ces deux voisins depuis des temps immémoriaux, couplés à d’importants et réguliers contacts humains ainsi qu’à des relations économiques florissantes, donnent au Népal des airs de véritable banlieue indienne.
mercredi 20 janvier 2010
Chine, ANASE, Asie de l’Est : les temps changent…
Une analyse de Charles Hudon
« La création de l’ANASE se veut une forme déguisée d’encerclement militaire...le fruit le plus lamentable de l’impérialisme antichinois ».
Le Quotidien du peuple 12 août 1967
Un peu plus deux semaines après l’arrivée de la nouvelle année, rien n’avait encore changé dans le sud de la Chine. Le prix d’un kilo d’oranges oscillait toujours autour des 3 RMB (autour de 50 sous), un kilo de tomates se vendait toujours à peu près 4 RMB… Tout semblait normal, les marchands ne paraissaient pas particulièrement préoccupés. Même s’ils l’avaient été, cela aurait-il vraiment changé quelque chose?
Le premier janvier 2010 marquait l’entrée en vigueur d’une vaste zone de libre-échange qui unit dorénavant la Chine aux dix pays de l'Association des Nations du Sud-est asiatique (ANASE). L’accord devrait permettre à la Chine de sécuriser davantage son accès aux ressources naturelles de cette région tout en facilitant l’exportation de sa production manufacturière. Dans les provinces du sud par contre, on s’inquiète des impacts qu’aura, à court terme, la création de cette nouvelle zone sur l’économie locale. En facilitant l’importation de produits agricoles en provenance de la Thaïlande, du Vietnam, de la Malaisie et de la Birmanie, l’accord risque d’avoir des effets néfastes sur les petits producteurs, qui représentent encore une proportion importante de la population totale de provinces comme le Yunnan et le Guangxi.
« La création de l’ANASE se veut une forme déguisée d’encerclement militaire...le fruit le plus lamentable de l’impérialisme antichinois ».
Le Quotidien du peuple 12 août 1967
Un peu plus deux semaines après l’arrivée de la nouvelle année, rien n’avait encore changé dans le sud de la Chine. Le prix d’un kilo d’oranges oscillait toujours autour des 3 RMB (autour de 50 sous), un kilo de tomates se vendait toujours à peu près 4 RMB… Tout semblait normal, les marchands ne paraissaient pas particulièrement préoccupés. Même s’ils l’avaient été, cela aurait-il vraiment changé quelque chose?
Le premier janvier 2010 marquait l’entrée en vigueur d’une vaste zone de libre-échange qui unit dorénavant la Chine aux dix pays de l'Association des Nations du Sud-est asiatique (ANASE). L’accord devrait permettre à la Chine de sécuriser davantage son accès aux ressources naturelles de cette région tout en facilitant l’exportation de sa production manufacturière. Dans les provinces du sud par contre, on s’inquiète des impacts qu’aura, à court terme, la création de cette nouvelle zone sur l’économie locale. En facilitant l’importation de produits agricoles en provenance de la Thaïlande, du Vietnam, de la Malaisie et de la Birmanie, l’accord risque d’avoir des effets néfastes sur les petits producteurs, qui représentent encore une proportion importante de la population totale de provinces comme le Yunnan et le Guangxi.
jeudi 14 janvier 2010
Pouvoir responsable : C’est vraiment du Chinois!!!
Une analyse de Charles Hudon
Le 21 décembre dernier, le Telegraph de Londres titrait : "Nous avons besoin que la Chine agisse en 'Pouvoir Responsable'". "Pouvoir responsable"… voilà un concept prometteur pour l’avenir des relations internationales. En y repensant, on en vient rapidement à se questionner sur les tenants et aboutissements d’une telle idée. Qui définit les critères à respecter afin de se qualifier à ce titre? Existe-t-il, dans le monde, un pays qui ne se croit pas responsable? J’imagine que tout est question de perspective et de priorité.
En rapport à la Chine, parler de responsabilité ne date pas d’hier. L’idée aurait d’abord été amenée, en décembre 1994, par le ministre de la Défense sous l’Administration Clinton. En conférence à l’Université de la défense de l’Armée de Libération Populaire chinoise, l’homme faisait alors remarquer que le plus grand défi qui attendait les États-Unis et la Chine en Asie Pacifique était de s’assurer que la région demeure prospère et stable. Pour ce faire, les deux géants devraient "faire preuve d’un sens profond des responsabilités."
Le 21 décembre dernier, le Telegraph de Londres titrait : "Nous avons besoin que la Chine agisse en 'Pouvoir Responsable'". "Pouvoir responsable"… voilà un concept prometteur pour l’avenir des relations internationales. En y repensant, on en vient rapidement à se questionner sur les tenants et aboutissements d’une telle idée. Qui définit les critères à respecter afin de se qualifier à ce titre? Existe-t-il, dans le monde, un pays qui ne se croit pas responsable? J’imagine que tout est question de perspective et de priorité.
En rapport à la Chine, parler de responsabilité ne date pas d’hier. L’idée aurait d’abord été amenée, en décembre 1994, par le ministre de la Défense sous l’Administration Clinton. En conférence à l’Université de la défense de l’Armée de Libération Populaire chinoise, l’homme faisait alors remarquer que le plus grand défi qui attendait les États-Unis et la Chine en Asie Pacifique était de s’assurer que la région demeure prospère et stable. Pour ce faire, les deux géants devraient "faire preuve d’un sens profond des responsabilités."
mardi 15 décembre 2009
Entre fiction et réalité, la télésérie蜗居

Un texte de Charles Hudon
Ayant pourtant battu tous les records de cotes d’écoute à Shanghai et ayant attiré une attention sans pareille dans le reste du pays, la télésérie préférée des Chinois vient d’être retirée des ondes. Le 22 novembre dernier, après avoir diffusé 10 des 35 épisodes de 蜗居 (woju, l’étroitesse du logement), « la chaîne de télévision jeunesse de Pékin » (北京台青少年频道) annonçait qu’elle mettait un terme à la diffusion de la populaire série. Dans les jours qui suivirent, la grande majorité des chaînes de télévision chinoises emboitèrent le pas. Sur le web, les internautes sont furieux. On prétend que ce serait le réalisme avec lequel la série dépeint la réalité des jeunes adultes vivants dans les grandes villes chinoises qui aurait mené à son interdiction. Certains officiels avouèrent d’ailleurs à mi-mots que la réalité étant déjà ce qu’elle est, il serait inutile d’en remettre en l’exposant quotidiennement au petit écran. 蜗居 serait en quelques sortes nuisible à l’érection d’une société harmonieuse. Le gouvernement a, bien entendu, démenti la rumeur. Selon les responsables, les rubans auraient tout simplement été abimés, affirmation qui n’a convaincu personne.
dimanche 6 décembre 2009
Plaidoyer pour une Chine verte
Un texte de David Ownby
L’avenir de la planète est dès maintenant aux mains des Chinois.
Pourquoi?
Premièrement parce que Kyoto n’a pas très bien marché. En dehors de l’UE, les seuls « succès » obtenus sont le fruit des crises (en Europe de l’Est et en Russie, entre autres) qui ont « déchauffé » les économies locales au profit des conditions climatiques. Deuxièmement parce que si Obama aimerait tourner la page pour que les EU assument enfin leurs lourdes responsabilités, il est handicapé par le refus de l’opposition conservatrice de se départir de la vision nombriliste de Bush-Cheney-Palin (et surtout de son utilité électorale dans la politique de blocage chère à la droite américaine). Les propositions—aussi modestes soient-elles—du Président américain risquent d’avoir du mal à sortir du Sénat. Et, finalement, parce que la Chine est devenue, depuis 2007, la plus grosse contributrice au réchauffement de la planète du fait de son économie, elle aussi surchauffée, et dont le carburant principal reste toujours le charbon. Cette « place d’honneur », la Chine risque de la garder longtemps, ce qui changera la donne pour tous.
L’avenir de la planète est dès maintenant aux mains des Chinois.
Pourquoi?
Premièrement parce que Kyoto n’a pas très bien marché. En dehors de l’UE, les seuls « succès » obtenus sont le fruit des crises (en Europe de l’Est et en Russie, entre autres) qui ont « déchauffé » les économies locales au profit des conditions climatiques. Deuxièmement parce que si Obama aimerait tourner la page pour que les EU assument enfin leurs lourdes responsabilités, il est handicapé par le refus de l’opposition conservatrice de se départir de la vision nombriliste de Bush-Cheney-Palin (et surtout de son utilité électorale dans la politique de blocage chère à la droite américaine). Les propositions—aussi modestes soient-elles—du Président américain risquent d’avoir du mal à sortir du Sénat. Et, finalement, parce que la Chine est devenue, depuis 2007, la plus grosse contributrice au réchauffement de la planète du fait de son économie, elle aussi surchauffée, et dont le carburant principal reste toujours le charbon. Cette « place d’honneur », la Chine risque de la garder longtemps, ce qui changera la donne pour tous.
lundi 16 novembre 2009
Super Mao 2009, version améliorée

Réappropriation identitaire : re-Maoïsation à l’ordre du jour?
"Il existe deux genres de culte de la personnalité. Le premier est un culte saint. Par exemple, le culte voué à Marx, Engels, Lénine et Staline, car ces personnages possèdent la vérité entre leurs mains. Le second est un faux culte de la personnalité, de l’adoration aveugle, un culte qui n’a pas fait l’objet d’analyse." Mao Zedong, 1958
Une analyse de Charles Hudon
Il y a à peine un an, très peu de gens prévoyaient que la Chine pouvait échapper à l’effondrement des marchés étasuniens sans entrer en sévère récession. Aujourd’hui, la vigueur avec laquelle la Chine a su orchestrer la reprise commence à faire taire les plus sceptiques. Alors que l’Occident rationnalise les ressources selon une logique de crise, la Chine, elle, se permet le luxe de l’extravagance. Le dernier exemple en date remonte à la semaine dernière : la mise en chantier, à Changsha, d’une statue de 32 mètres de haut représentant la tête de Mao Zedong. Le coût de cette entreprise est évalué à 300 millions de RMB (plus de 45 millions de dollars). Outre les implications économiques d’une pareille démesure, cette construction soulève un questionnement quant à la démarche idéologique sous-entendue par un tel projet.
mercredi 11 novembre 2009
L'Arctique aux ours polaires...et aux Chinois!?

Un texte de Nicolas Laflamme
Qui peut bien s’intéresser à l’Arctique? Les ours polaires, la Russie, le Canada, les États-Unis, le Danemark, la Norvège? Toutes ces réponses m’apparaissent bien cohérentes. Toutefois, sans être voisin, d’autres acteurs se sentent concernés par la région arctique, ses ressources naturelles et sa situation stratégique. La Chine est l’un d’eux.
Ma récente lecture de l’article « La Chine doit absolument prendre part le plus vite possible au contentieux du pôle Nord » (中国必须尽快要加入北极之争) publié par le China.com (中华网) me poussa sur la route de la découverte des intérêts chinois dans le grand Nord. À vrai dire, la position chinoise n’a rien de surprenante. Lorsqu’un pays atteint un certain seuil de développement, ses intérêts ne se limitent plus qu’à l’intérieur de ses frontières, mais s’étendent plutôt à la planète toute entière. À ce sujet, nous pouvons prendre l’exemple de l’Union Européenne. Celle-ci a tenu en février dernier des exercices militaires dans le Nord avec les pays européens de la région arctique (Islande, Danemark, Norvège, Suède, Finlande). Ces manœuvres visaient à affirmer sa volonté de prendre également part aux enjeux reliés au pôle Nord. La puissance montante qu’est la Chine, de plus en plus consciente de son poids au sein de la communauté internationale, veut aussi faire entendre son opinion au sujet de l’Arctique. La Chine ne revendique évidemment pas avoir droit à toute la région arctique. C’est précisément les eaux internationales de l’océan Arctique, que les pays nordiques se disputent, qui intéressent la Chine. C’est sur cet aspect que se base ses visées polaires.
lundi 9 novembre 2009
La Chine et l’amour transnational

Un texte de Charles Hudon
Mondialisation, village global, ouverture économique, la Chine moderne est de plus en plus exposée à l’étranger… et aux étrangers! De nos jours, de plus en plus de visiteurs se rendent en Chine, s’y installent, y vivent, tout comme de plus en plus de Chinois quittent la Chine pour aller séjourner outre-mer. En contact les uns avec les autres, les relations amoureuses transnationales deviennent naturellement plus fréquentes. Bien entendu, cette réalité ne concerne pas la totalité des chinois. Pour bon nombre de campagnards, les « laowais » [étrangers]demeurent des créatures télévisuelles. Dans un pays où la modernité et la tradition entrent souvent en conflit, que pense la Chine de l’internationalisme amoureux? Est-ce que les mœurs se libéralisent aussi vite que l’économie? Un article publié dans de le Huanqiu Shibao du 26 octobre dernier laisse sous-entendre qu’il existerait peut-être un léger décalage entre l’opinion de Pékin et celle de la population en général.
mercredi 4 novembre 2009
Une nouvelle pomme de discorde entre Delhi et Beijing

Une analyse de Nicolas Laflamme
Les relations sino-indiennes sont encore une fois mises à l’épreuve. L’une des plus récentes querelles vient du fait que depuis le mois de mai dernier, le gouvernement chinois émet aux étudiants et aux hommes/femmes d’affaires du Cachemire indien des visas remplis à la main sur des pages séparées, brochées à leurs passeports. Nous pouvons en toute légitimité questionner la stratégie chinoise d’accorder un traitement spécial aux citoyens d’une région indépendantiste alors que la Chine est elle-même aux prises avec des mouvements internes sécessionnistes dans ses provinces du Xinjiang et du Tibet.
lundi 2 novembre 2009
Indiana Jones à l’asiatique : la Chine à la recherche de reliques légendaires

Un billet de Charles Hudon
Art islamique, antiquités égyptiennes, sculptures romaines, fresques amérindiennes… comment ces œuvres, en provenance des quatre coins de la planète, ont-elles pu se retrouver dans les plus grands musées du monde? Dans quelles conditions ces pièces furent-elles acquises? À qui appartient le patrimoine culturel mondial? La Chine se joint au débat et son influence grandissante sur la scène internationale pourrait jouer un rôle déterminant dans le règlement de cet enjeu.
Afin de comprendre la position de la Chine, il suffit de se poser quelques questions toutes simples. Par exemple, que diriez-vous si un étranger s’infiltrait dans votre maison, s’emparait de plusieurs objets ayant de la valeur à vos yeux et, avant de partir, mettait feu à votre domicile? Que feriez-vous si, peu de temps après, au vu et au su de tous, vos articles étaient mis en vente sans que la loi ne puisse faire quoi que ce soit pour protéger vos droits? Bien qu’il soit difficile de prédire qu’est-ce qu’un individu ferait dans une telle situation, je crois que nous pouvons nous entendre pour dire qu’il serait sans doute furieux, et à juste titre.
jeudi 22 octobre 2009
L’Organisation de Coopération de Shanghai se réunit à Pékin
Une analyse de Charles Hudon
Le 14 octobre dernier, avait lieu à Pékin une réunion du Conseil des chefs de gouvernements des États membres de l'Organisation de Coopération de Shanghai (OCS). Les questions qui y furent discutées vinrent rappeler que, sous des apparences d’harmonie complète, des divergences profondes divisent encore la Chine et la Russie sur des thèmes cruciaux qui empêchent l’organisation d’atteindre sa pleine maturité.
jeudi 15 octobre 2009
À la recherche de la modernité chinoise
Une analyse de Valérie Nichols
Le but de cette entrée
Durant les années 1990, Wang Hui a entrepris un projet intellectuel de grande ampleur soit la description de l’évolution de la pensée sur la modernité en parcourant l’histoire des idées chinoises de la dynastie Song (960-1269) à la chute du régime impérial en 1911.
Plus de dix ans de labeur ont résulté en la publication de six tomes sur la pensée moderne chinoise, ainsi qu’un livre à paraître le 16 novembre 2009 en version anglaise sous le titre The End of the Revolution : China and the Limits of Modernity.
vendredi 9 octobre 2009
Ce que les affrontements dans le Nord nous révèlent à propos des relations Chine-Birmanie
Une analyse de Charles Hudon
Le mois dernier, un conflit armé éclatait au Nord de la Birmanie. Prenant le gouvernement chinois par surprise, qui n’avait vraisemblablement pas été prévenu, environ 30 000 réfugiés traversent la frontière pour trouver refuge dans le Yunnan voisin. Quelques semaines plus tard, la quasi-totalité des réfugiés quittèrent la Chine pour retrouver leur domicile. Pour ce qui est des détails, Rangoon, tout comme Pékin, restent on ne peut plus discrets. Depuis lors, aucune nouvelle. Blocage journalistique tant en Chine qu’en Birmanie. Les articles relatifs à la Birmanie sur les Blogues en Chine disparaissent de la mémoire internet.
Après un règne ininterrompu de près de 50 ans, la junte militaire birmane n’a pas encore réussi à asseoir son pouvoir sur la totalité de son territoire. Dans les zones frontalières, plus d’une dizaine de groupes rebelles évoluent toujours en parallèle du gouvernement central. La plupart de ces groupes se situent dans les provinces du Kachin et du Shan. La genèse de ce conflit remonte aux premières heures de l’indépendance birmane. Souvent financés et soutenus par des pouvoirs étrangers, principalement la Chine et la Thaïlande, ces groupes sont parvenus à tenir tête au gouvernement central jusqu’à aujourd’hui.
Le plus important de ces groupes, l’Armée d’État de la Minorité Wa, compte sur une force armée de plus de 20 000 soldats. Après une vingtaine d’années de calme, le 31 août dernier, la Junte rompt le statut quo et s’en prend militairement à la minorité autonomiste d’origine chinoise Kokang. En moins d’une semaine, la résistance est étouffée. En Chine, le geste est perçu comme un acte de provocation. Ignorant les appels répétés du ministre des affaires extérieures chinois pressant la Junte de préserver la stabilité ainsi que l’intégrité des citoyens chinois vivant dans les zones frontalières, l’armée birmane ne cesse de déployer des troupes en prévision de ce qui semble être une attaque prochaine contre l’ethnie Wa. Ces événements révèlent une certaine autonomie de la Junte face à Pékin, autonomie dont plusieurs croyaient la Birmanie incapable.
Besoin d'un allié puissant
Instable tant politiquement que socialement, pris entre les intérêts géopolitiques de l’Inde et de la Chine, isolée internationalement, la Junte ne peut difficilement survivre sans s’allier à une puissance voisine. Jusqu’à tout récemment, tout semblait indiquer que la Birmanie avait choisi la Chine pour lui servir de parrain à l’échelle internationale. En effet, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis que les contacts entre les voisins furent rompus, sous Ne Win, en 1962. Depuis la normalisation de leurs relations en 1988, la Chine se présente aujourd’hui comme l'un des plus importants acteurs au cœur des affaires internes et externes birmanes. Parfois, les plus cyniques vont même jusqu’à la décrire comme une colonie économique et militaire de l’empire du milieu. Dans de telles circonstances, il apparaît pour le moins surprenant de voir les rappels à l’ordre formulés par la Chine ignorés par la junte. Cet événement nous offre l’opportunité de poser un second regard sur les relations qu’entretiennent la Chine et la Birmanie.
Publié par
Simon Hobeila
le
vendredi, octobre 09, 2009
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jeudi 8 octobre 2009
L’herbe n’est pas toujours plus verte à Pékin
Elle s’était faite belle pour l’occasion, malgré une fin d’hiver prise de smog et une température froide. J’ai encore en tête les clips télé montrant les travailleurs d’entretien de la ville affairés à balayer les rues et surtout, à peinturer à l’aérosol la pelouse de la ville pour lui donner un bel éclat vert. Peu importe les saisons, peu importe les éléments, la pelouse sera verte pour la visite du CIO!
Les reporters et autres commentateurs étrangers n’avaient pas manqué de soulever ce point. Le traitement était tantôt cocasse (de style, « Ils sont fous ces Chinois !»), tantôt hargneux. Certains n’avaient pas hésité non plus à en faire une métaphore de la gestion que faisait le gouvernement de la situation des droits de l’homme et autres choses qu’il tentait de soi-disant cacher au CIO.
Bref, un traitement médiatique classique en son genre.
Pendant ce temps, plusieurs années plus tôt...
Il y a de cela quelques semaines, je regardais Tout le monde en parlait à Radio-Canada, cette émission qui plonge dans les archives de la société d’état pour nous faire revivre des événements marquants de l’histoire du Québec. L’épisode en question portait sur l’Exposition universelle de 1967 tenue à Montréal. Et on y rapportait un fait plutôt cocasse, corroboré par le Centre d'histoire de Montréal.
L’Expo de Montréal a été inauguré en avril. Vous qui connaissez nos fraîches températures printanières et qui savez la verdure plus que timide en ce temps de l’année, vous devinez ce qu’on a fait? Je vous le donne en mille :
« La tourbe de la Place des Nations, lieu des cérémonies d'ouverture, n'avait pas eu le temps de verdir en ce mois d'avril un peu frisquet de 1967. C'est alors que le jeune horticulteur en chef, Pierre Bourque, eut l'idée de peindre la pelouse d'un beau vert printanier pour les cérémonies d'ouverture! »*Quand on sait l’amour de Pierre Bourque pour la Chine et les bonnes relations qu’il y a entretenues plus tard à titre de maire de la ville (de 1994 à 2001), c’est à se demander s’il n’a pas personnellement révélé son truc aux Chinois!
Simon Hobeila à Montréal
*Cette citation est tirée de cette page du Centre d’histoire de Montréal sur l’Expo 67. On y apprend entre autres que plusieurs tonnes de DDT ont été répandues dans le St-Laurent pour combattre la prolifération des « mannes » et que la Ville créa l'Office de l'Embellissement de Montréal pour cacher ses taudis. Comme quoi les Olympiques, plus ça change, plus c'est pareil.
Publié par
Simon Hobeila
le
jeudi, octobre 08, 2009
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jeudi 1 octobre 2009
"À 60 ans, mon oreille se pacifia"
Dans Les Entretiens de Confucius, on trouve les réflexions autobiographiques suivantes du sage:
“A quinze ans, ma volonté s'appliquait à l'étude, à trente ans je m’étais affirmé, à quarante ans délivré du doute, à cinquante je connaissais le décret du Ciel, à soixante, mon oreille se pacifia et à soixante-dix ans, suivant les désirs de mon cœur, je n'enfreignais plus aucune règle”.
Le maître évoque dans ces propos un projet personnel de perfectionnement intellectuel et surtout moral, sensé se poursuivre tout au long de la vie d’un homme. Le parcours d’une nation est tout autre. Ceci étant, il n’est pas sans intérêt, à l’occasion du 60e anniversaire de la République Populaire de Chine, de réfléchir sur l’histoire du régime à la lumière des jalons posés par Confucius. Peut-on dire qu’à 60 ans, la RPC a « l’oreille pacifiée, » en d’autres mots qu’elle est sûre du chemin qu’elle a pris au point de ne plus avoir à « écouter » ailleurs?
“A quinze ans, ma volonté s'appliquait à l'étude, à trente ans je m’étais affirmé, à quarante ans délivré du doute, à cinquante je connaissais le décret du Ciel, à soixante, mon oreille se pacifia et à soixante-dix ans, suivant les désirs de mon cœur, je n'enfreignais plus aucune règle”.
Le maître évoque dans ces propos un projet personnel de perfectionnement intellectuel et surtout moral, sensé se poursuivre tout au long de la vie d’un homme. Le parcours d’une nation est tout autre. Ceci étant, il n’est pas sans intérêt, à l’occasion du 60e anniversaire de la République Populaire de Chine, de réfléchir sur l’histoire du régime à la lumière des jalons posés par Confucius. Peut-on dire qu’à 60 ans, la RPC a « l’oreille pacifiée, » en d’autres mots qu’elle est sûre du chemin qu’elle a pris au point de ne plus avoir à « écouter » ailleurs?
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